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Groupe de Reflexion et d'Action pour le Tchad
"Un blog Indépendant qui va au délà de l'actualité"

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 13:28

TchadEnfin ! Le Ministère de l’enseignement Supérieur du Tchad vient de frapper un grand coup. Un coup admirable, louable et encourageant ! En signant une convention de partenariat avec les universités et écoles supérieures publiques du Sénégal,  le Ministère vient ainsi de satisfaire une vieille revendication des étudiants tchadiens.  Par ce partenariat, les étudiants tchadiens sont soumis aux mêmes régimes de codification que les sénégalais (droits d’inscription, logement au campus, accès aux restaurants universitaires, etc.).  Mais cette bouffée d’oxygène  ne peut offrir de l’air pur qu’à une minorité. Et pour cause ! Au Sénégal, moins de 15% de tchadiens osent encore s’inscrire dans les écoles et universités publiques dignes de ce nom. De plus en plus, les étudiants tchadiens préfèrent les universités et écoles supérieures privées. Ce choix s’opère pour deux raisons : certains y s’inscrivent pour une formation professionnelle de qualité et compétitive sur le marché du travail, d’autres par contre, cherchent la facilité. Dans certaines universités et écoles privées du Sénégal, la rigueur et le sérieux ont disparu des registres. Les évaluations ne sont que de la poudre aux yeux car le taux d’admission est toujours et depuis toujours  de 100%. Même Le plus nul de la classe à au mois 10/20. Dans une de ces universités (nous tairons le nom), on y passe plusieurs sessions pour permettre à tous de passer en classe supérieure. Et chaque session est payante. Le slogan, j’allais dire la pub : zéro redoublement ! Et cela arrange nettement certains bacheliers tchadiens « décrétés » qui débarquent au Sénégal avec le niveau des élèves du CM2. La baisse de niveau au Tchad n’est plus un secret. Elle est de notoriété publique.  L’école tchadienne s’est effrayamment dégradée en dehors même de la langue française. Cela est à la fois dû à l’Etat laxiste, aux autorités corrompues  et à des enseignants ramassés. Le baccalauréat se donne ou s’achète. Même nos voisins camerounais y ont pris goût. Ils n’ont plus le temps de passer le probatoire. Ils viennent directement « chercher » le BAC au Tchad !

« S’il arrive que le maître soit corrigé par l’élève (celui qui a  suivi un cursus normal), où est l’honneur ? Si l’enseignant s’exprime en classe plus en arabe qu’en français, où est la déontologie ? Si l’enseignant lui-même ne cherche à se valoriser que par le gain, où est le culte de la profession ? ».

Enseignant au Tchad,  successivement, dans un lycée et à l’Université, il m'arrivait de voir que les fautes d'orthographe se sont mises à pulluler dans les copies. Plus inquiétant, je constate que certains  étudiants de l’université  sont fichus de faire une vingtaine voire trentaine de fautes d'orthographe par page. Ce sont ces mêmes étudiants qui viennent au Sénégal « ramassés » des masters à la pelle…Et dans quelles écoles ? Des écoles « passe avant »

Ce qui est triste, dans tout ça, c'est que certains se lancent dans des études infinies avec une bourse ou le fric de papa et/ou maman, et n'en font rien. Mais comme la paresse est une habitude qui leur est bien chevillée au corps, l'aiguillon ne suffit plus. Ils commencent à être opportunément malades les jours de devoirs. Des gastros terribles les prennent pile la semaine où ils doivent passer un oral, et se pointent avec le certificat médical qui va bien pour vous expliquer qu'ils n'ont malheureusement pas eu le temps de réviser.

Certains vont même jusqu'à vous envoyer un sms  la veille du devoir pour vous expliquer qu'ils n'auront pas le temps de venir à l'examen, et que si vous pouvez leur mettre une "note factice", ça les arrangerait beaucoup (ne rigolez pas, c'est vraiment arrivé).
Et enfin, pour ceux qui viennent se coltiner le devoir sur table, au moment du rendu de notes, il n'est pas rare de voir des élèves tomber de l'armoire lorsqu'ils constatent que vous avez eu  la méchanceté de leur coller la note qu'ils méritent quand c'est mauvais.

Beaucoup  justifient leur paresse intellectuelle avec une mauvaise foi stupéfiante : j’ai étudié en arabe/ Avec les évènements du Tchad, nous avons perdu notre seul professeur de français. /  Je n'ai jamais lu Léopold Sédar Senghor parce que c'est un sénégalais/ Je n'ai pas  copié la leçon sur la première guerre mondiale parce que mon arrière grand père y a perdu sa vie. Du tout et de n’importe quoi !

Le « Le niveau baisse », entend-on un peu partout. Catastrophisme ambiant, ou réalité préoccupante ? À quel point l’école est-elle malade de ses méthodes, de son manque d’enthousiasme, de la démotivation des élèves ? Les chiffres ont la dent dure. Ils  décrivent une situation morose, voire un déclin progressif, certes pas aussi catastrophique qu’on pourrait le croire, mais réel.  Alors, c’est bien de s’ouvrir aux autres universités, de signer des conventions,  mais essayons aussi de balayer devant nos propres lycées et universités. Bref, la situation est claire : au lieu de vouloir que le lycée ou la fac soit le lieu de l'excellence, on veut qu'elle soit le lieu du consommable, du prêt-à-porter  et du pratique .On n’arrête pas le progrès, mais les tchadiens  seraient de moins en moins intelligents à l’école?

Ozias Koularambaye Mbairé, Dakar Sénégal 

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Published by Evariste DJETEKE K. - dans Opinions
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