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Groupe de Reflexion et d'Action pour le Tchad
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                                             « Informer sans tabous et sans mensonges »

5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 18:03

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Le rapport du chef d’état major général des armées du Sénégal qui avait fait état d’armes iraniennes sophistiquées détenues par les combattants du MFDC, est une réalité. Cet impair qui avait poussé le Sénégal à rompre avec l’Iran, avait toute sa raison d’être. En effet, de sources militaires, ce sont ces armes iraniennes qui sont en train de semer la tristesse et la désolation, chez la grande muette.
«De l’attaque du cantonnement de Kabeumb, en passant par celle de la brigade de la gendarmerie d’Affiniam, sans oublier celle de Diégoune, c’est avec des armes iraniennes que les rebelles ont attaqué». Après ces révélations, notre interlocuteur de nous faire savoir que les rebelles ont eu, largement, le temps de s’entrainer à manipuler ces armes jugées très sophistiqués, pouvant faire des dégâts à longue distance. «Si le gouvernement n’intervient pas au plus vite, en dotant d’armes beaucoup plus sophistiquées, l’armée risque de payer un lourd tribut en Casamance, parce que les combattants du Mfdc, ragaillardis par leur dotation en arme puissante, comptent tenir tête à l’armée», se désolera-t-il. En effet, en moins de trois moins, une quinzaine de militaires sénégalais ont été tués par les rebelles du MFDC, avec des balles iraniennes. «Les pays n’ont pas d’amis mais, des intérêts». Cette vérité du Général de Gaulle, le président du Sénégal Abdoulaye Wade l’avait apprise à ses dépens, découvrant, avec stupéfaction, que son ami iranien armait, sans beaucoup faire de bruit, les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), par l’intermédiaire de la Gambie. Tout est parti de la saisie d’une cargaison d’armes par la police nigériane, en Octobre 2010. En provenance d’Iran, ces treize conteneurs, remplis d’armes lourdes, étaient destinés à la Gambie. Une découverte qui donne des sueurs froides à Dakar, au point que la Présidence avait rappelé son ambassadeur en Iran, pour consultations. Le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad dépêche, dans la foulée, son ministre des Affaires étrangères, au Sénégal, le 19 janvier 2011. Mais, coup de théâtre, ce dernier est démis de ses fonctions, alors qu’il était en terres sénégalaises. Une autre couleuvre que le Président sénégalais avale, stoïquement, en se résolvant à renouer avec l’Iran, quelques jours plus tard.

Le visage balafré de la Casamance :

Une fois sur le terrain, le constat est unanime. La verte Casamance ne semble toujours pas se remettre des dernières attaques rebelles. Son visage garde une balafre qui aurait du mal à se cicatriser. La psychose règne partout, sur les routes de productions, les foyers et même sur les chemins de l’école. «Personne n’est en sécurité dans cette région avec la nouvelle tactique des rebelles», lance un jeune potache, sur le chemin de l’école. Tout le monde a peur aujourd’hui, même ceux qui sont toujours restés sceptiques. Rendant, ainsi, la situation beaucoup plus compliquée, en ce début 2012. La tournure des évènements y fait grincer des dents, jusque dans la grande muette. Mardi dernier, alors que les rebelles attaquaient, pour la deuxième fois de la journée, la brigade de gendarmerie d’Affiniam, les populations du département de Bignona ne savaient plus à quelle autorité se fier. Un tour sur l’axe Bignona-Diouloulou en dit long sur la psychose qui hante leur vécu quotidien. Surtout, avec la suppression des cantonnements de Kaparan, Bélaye et Ebinako. Du côté de la frontière Bissau-guinéenne, précisément au village frontalier de Mpack, où se trouve le dernier cantonnement de l’armée sénégalaise, on veille au grain. L’atmosphère est des situations de guerre. Seuls les cris des oiseaux déchirent le silence dans lequel, les hommes, interrogés, fortement armés, se murent. Comme s’ils s’étaient passé le mot...


Sekou Dianko DIATTA (Envoyé Spécial en Casamance)

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