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Groupe de Reflexion et d'Action pour le Tchad
"Un blog Indépendant qui va au délà de l'actualité"

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 10:22

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En 2013, la situation de la liberté de l’information en Afrique centrale, une zone qui s’étend du littoral atlantique jusqu’à la région des Grands Lacs, continue de se dégrader.

Une accalmie se profile dans le conflit de l’est de la République démocratique du Congo où la situation des médias demeure néanmoins tendue. La République centrafricaine est toujours plongée dans les affres d’affrontements dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences. Le Tchad aux mains d’Idriss Déby s’illustre par une politique de répression à l’encontre des journalistes, tandis que le climat se durcit au Cameroun, que le Burundi fait passer des législations inquiétantes et que la Guinée équatoriale demeure un trou noir de l’information.

Cette dernière incarne peut-être la situation la plus extrême. Dans le seul pays hispanophone d’Afrique, aucune violation de la liberté de la presse n’est à déplorer en tant que telle, en raison de l’absence totale de presse ou de médias indépendants. Les journalistes sont forcés à l’autocensure ou à l’exil, l’information annihilée.

Le conflit en République centrafricaine a complètement démantelé un réseau de médias déjà affaibli et déconsidéré. En prenant fait et cause pour une partie ou l’autre au conflit, les titres de presse ont davantage participé à l’escalade des tensions qu’à une mission d’information.

Le Tchad occupe une bonne place parmi les pays autoritaires. Son dirigeant des vingt-trois dernières années a même durci le ton en 2013, emprisonnant trois journalistes pendant plusieurs mois sous des motifs fallacieux. Certes remis en liberté, ils n’ont pu reprendre une activité journalistique libre. L’un ne fait plus parler de lui, l’autre se serait rangé du côté du pouvoir, quant au troisième, menacé, il a dû quitter le pays : victoire de l’intimidation étatique qui prive peu à peu le pays de ses forces vives journalistiques.L’argument sécuritaire intervient à point nommé pour justifier le contrôle des publications ou le statu quo. Au Cameroun, le Conseil national de la communication tente par exemple de sanctionner des publications faisant état de la coopération transfrontalière avec le Nigeria dans la lutte contre Boko Haram. Au Tchad encore, c’est un directeur de journal qui est accusé d’« incitation à la révolte » pour un article sur le mécontentement de l’armée. En République démocratique du Congo, le conflit de l’Est paralyse depuis des années le reste du pays et si la réforme de la loi sur la presse est régulièrement présentée comme une priorité gouvernementale, elle n’est jamais mise à l’agenda.

Les lois sur la diffamation sont instrumentalisées pour masquer des trafics d’influence ou la corruption. L’éditeur du bimensuel Les Coulisses, Nicaise Kibel’oka, en RDC, fait ainsi, depuis plus d’un an, l’objet d’un véritable harcèlement judiciaire pour un article dénonçant la fraude des Douanes. Depuis juin 2013, son procès en appel a été reporté sept fois sans jamais se tenir, alors que la procédure a été émaillée d’irrégularités. En Angola, le livre du journaliste Rafael Marques de Morais sur les sombres dessous de l’exploitation diamantifère, Diamantes de Sangue : Corrupção e Tortura em Angola, lui a valu d’être arrêté et interrogé plusieurs fois.

Certains pays travaillent activement à durcir leur législation. Le Burundi en est le triste exemple, qui a voté en avril 2013, malgré les protestations de la société civile, une loi portant gravement atteinte à la liberté de la presse, à l’encontre de tous les standards internationaux. Celle-ci prévoit notamment une liste démesurément longue et vague de sujets risquant de mener leur auteur en prison. La nécessaire proportionnalité des sanctions, le statut des journalistes ou le respect du secret des sources n’y sont pas garantis. Cette loi est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans un triptyque législatif visant à restreindre la liberté d’association et d’expression politique, confirmant en cela la dérive autoritaire du gouvernement burundais, ce qui ne semble pas émouvoir outre mesure les chancelleries occidentales.

Ce cœur stratégique de l’Afrique est-il voué à sombrer encore davantage alors que ses médias sont de plus en plus empêchés ou incapables de jouer le rôle de contre-pouvoir face à des régimes durcis par leur quête insatiable de contrôle ?

Nord-Kivu

Informer au Nord-Kivu est devenu un combat quotidien. Sous administration du mouvement armé M23 ou des autorités congolaises, les journalistes sont soumis à une pression permanente. Le M23 s’est illustré par la censure totale qu’il impose, exigeant d’avoir accès aux éditions des journaux avant leur diffusion. Sous son contrôle, six médias ont été suspendus ou pillés et au moins sept journalistes blessés ou menacés. Dans les territoires sous leur contrôle, les autorités se rendent complices de menaces contre les journalistes, d’arrestations arbitraires ou d’enlèvements également, comme celui du journaliste retrouvé ligoté sur le bord d’une route à Beni en octobre 2013. Dans un pays à la justice défaillante, ces crimes n’entraînent pas de sanction. En résulte une situation d’autocensure mais également d’exil interne des journalistes qui quittent la province par dizaines. Certains continuent leur courageux travail, mais pour combien de temps encore ? RSF

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Published by Evariste Koné D. - dans Droits de l'Homme
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