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Groupe de Reflexion et d'Action pour le Tchad
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 10:40

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Un homme au prénom musulman a été mis à mort après une revue militaire en présence de la nouvelle présidente, à Bangui. 

 La scène a duré de longues minutes pendant lesquelles des soldats de l'armée régulière, certains en uniforme, ont lynché à coups de pieds, de briques, de barres de fer l'un des leurs, accusé d'être un ancien Séléka, la rébellion à majorité musulmane. L'assassinat, mercredi en plein jour et en public, a engendré une fureur et un plaisir effarant dans la troupe. La vue du corps démembré a fait l'effet d'une fête.

 Ce massacre d'un homme mercredi à Bangui n'était pas un simple massacre de plus dans une ville qui en a déjà connu beaucoup. C'est le symbole d'un pays qui ne parvient pas à calmer ses esprits, à juguler les vengeances. «C'est un drame, un mauvais signal. Je ne comprends même pas comment on peut être aussi bête et aussi méchant», assure, affligé, un officier français.

 Car la haine a surgi quelques minutes à peine après une longue et belle cérémonie. Dans le matin, 3 000 à 4 000 soldats de l'armée nationale (Faca) avaient été convoqués pour retrouver leur rôle après avoir été défaits par la Séléka. La présidente Catherine Samba-Panza avait longuement passé en revue ces hommes qui, pour beaucoup, avaient passé des mois terrés, redoutant d'être repérés par la Séléka. «Je suis fière de vous», leur a lancé la chef de d'État avant de leur promettre «l'aide de la France et de la communauté internationale» pour les réarmer. La présence à ses côtés des chefs de la Misca, la force africaine, et de «Sangaris» donnait corps à ses paroles. Tous semblaient convaincus. 

«Cela démontre que l'envie de tuer, dans l'une comme dans l'autre des communautés, est non seulement toujours là, mais s'accroît. Certains jouent le scénario du pire, et ils sont en train d'arriver àleurs fins» Et puis, à peine les personnalités parties, la cérémonie a tourné au lynchage, enterrant ces rêves d'une Centrafrique apaisée. La victime a sans doute été tuée uniquement en raison de son prénom musulman: Idriss. «Cela démontre que l'envie de tuer, dans l'une comme dans l'autre des communautés, est non seulement toujours là, mais s'accroît. Certains jouent le scénario du pire, et ils sont en train d'arriver à leurs fins», redoute un membre d'une ONG.

 La Misca, dont certains hommes étaient présents mais n'ont curieusement pas réagi, a estimé que ce meurtre était «impardonnable». D'abord muet, le gouvernement centrafricain a fini par prendre la mesure de l'événement un temps qualifié d'incident. «Nous voulons des sanctions. Nous avons ouvert une enquête confiée à la gendarmerie pour identifier les coupables», affirme Antoinette Montaigne, ministre de la Communication.

 Quelles sont les chances des gendarmes de réussir, alors que deux d'entre eux ont échappé de peu au même sort quand ils tentaient de s'interposer? «L'important est que l'impunité cesse, même si tous ne sont pas punis», estime pour sa part un observateur. Mais, à ses yeux, le lynchage ruine à peu près «toute chance de reconstruire une armée régulière à partir des hommes». «Il faudra partir de zéro. Mais le plus grave est sans doute ailleurs.»

 L'objectif de cette cérémonie, plus que de réarmer les anciens Faca, était de les neutraliser en leur offrant un statut et un salaire contre un encasernement. Car beaucoup ont rejoint ces derniers mois les Anti-Balaka, cette milice chrétienne qui sème la terreur dans la communauté musulmane. «Les retirer des rues aurait affaibli les Anti-Balaka. Mais je ne sais pas si c'est encore possible. Quand on voit ce qu'ils font, les regrouper n'est peut-être pas souhaitable», se désole un membre du gouvernement. BATH

 

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Published by Evariste Koné D. - dans politique Afrique et Monde
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