"Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire" Voltaire
Après la sortie de Jacqueline Moudeïna, Coordonnatrice du collectif des avocats des «victimes» de Habré, indiquant qu'aucune faveur ne doit être accordée à Idriss Déby, c’est au tour du président de l’Association des victimes de crimes sous le régime de Habré (Acvrhh), Clément Dohkot de lui emboîter le pas. «Idriss Déby Itno dit qu’il est victime, parce qu’il a perdu huit de ses propres frères, mais qu’il le prouve, et se mette du côté des victimes, pour que nous menions la lutte ensemble», déclare Clément Dokhot, en marge d’une visite guidée dans le site des plaines de la mort.
Et d’indiquer : «Il va falloir qu’il s’investisse pour que ça réussisse. On voulait le soutien de l’Etat tchadien, pendant que c’était chaud, pendant que Wade nous tournait en bourrique. On voulait que l’Etat tchadien frappe sur la table, mais il était absent, pendant qu’on l’attendait».
Poursuivant son propos, il précise : «Nous ne cherchons pas la tête de Hissène Habré, mais nous voulons qu’ils nous disent pourquoi il a fait ça».
Clément Dokhot déplore le fait que leur propre gouvernement leur soumet à «une autre torture». Il s'explique : «Les gens qui nous ont fait mal occupent encore des postes, ils ne sont pas jugés. Et pire, ceux qui ont été arrêtés, sont mis en liberté provisoire. Cela signifie qu’on nous met dans une situation d’insécurité, parce que ces gens continuent de nous narguer».
Sur la constitution de partie civile de l’Etat tchadien dans l’affaire Habré, M. Dokhot assène : «C'est maintenant que l’Etat se réveille pour dire qu’il est victime. C’est pour nous distraire et nous faire perdre du temps. Le moment est venu pour que le gouvernement du Tchad prenne ses responsabilités».